Cinq ans après son titre national sur 400 m à Bordeaux, Agnès Raharolahy a été sacrée championne de France Elite en salle du 800 m en 2’03″93 à Miramas au terme d’une course de patronne menée de bout en bout. Yann Randrianasolo en longueur (7,60 m) et Hamza Belmer sur 800 m (1’48″06) ont eux aussi participé à la fête en se parant du bronze.

En concertation avec son coach Emmanuel Huruguen, Agnès Raharolahy avait choisi de concentrer ses efforts sur le 800 m cet hiver pour sortir de sa zone de confort et travailler son foncier. À chaque sortie depuis deux mois, la polyvalente athlète des bords de l’Erdre franchissait des paliers chronométriques qui l’ont amenée à se présenter avec le deuxième temps des engagées (2’04″58 à Nantes puis à Val-de-Reuil) aux France Elite en salle de Miramas ce week-end. Après une série maîtrisée de la tête et des épaules en 2’08″84,  la championne de France Elite en salle 2017 du 400 m à Bordeaux a mis en place lors de la finale une stratégie de course vieille comme le monde, mais culottée : prendre la tête dès le rabattage et ainsi éviter toute bousculade et chute, imprimer un rythme élevé, et tenir jusqu’au bout. La sociétaire du Nantes Métropole Athlétisme, pour le neuvième 800 m en salle seulement de sa carrière, a parfaitement réussi son coup en survolant la course en 2’03″93, nouveau record personnel.

« C’était le schéma de course que l’on avait prévu avec mon coach, de partir fort et de mettre à mal les autres derrière. Passer en 58 secondes au premier 400 mètres, pour moi, ce n’est pas un problème mais après je ne savais pas si j’allais tenir les deux derniers tours mais ça s’est bien passé donc je suis très contente ». Médaillée de bronze sur 400 m haies aux France Elite à Angers en 2021, Agnès Raharolahy pensait avoir trouvé sa discipline de reconversion. Ses performances honorables sur 800 m cet hiver vont peut-être changer ses plans pour cet été. Le double tour de piste en extérieur est souvent considéré comme l’épreuve la plus difficile. Elle requiert de la vitesse, de l’endurance mais surtout de la résistance. Néanmoins la Nantaise a montré qu’elle possédait toutes ces qualités-là pour briller. « J’avoue que je n’avais pas prévu d’avoir un choix à faire entre deux épreuves  ! ». Peu importe son choix de discipline, Agnès Raharolahy a encore de très belles années devant elle. Pour la septième année consécutive, le NMA repart du rendez-vous national en salle avec au moins une médaille d’or : Dimitri Pasquerau (800 m en 2016), Agnès Raharolahy (400 m en 2017), Laura Valette (60 m haies en 2018), Jean-Pierre Bertrand (Longueur en 2019), Hamza Belmer (800 m en 2020) et Jean-Pierre Bertrand (Longueur en 2021).

Quelques minutes après, Hamza Belmer arborait lui aussi son plus beau sourire. Derrière deux athlètes tricolores sélectionnés aux Jeux olympiques de Tokyo l’été dernier, le protégé de Patrice Binelli a coupé la ligne d’arrivée de la finale du 800 m au troisième rang dans le temps de 1’48″06. La troisième médaille de la journée est à mettre à l’actif du sprinteur-sauteur Yann Randrianasolo. En finale directe de la longueur, l’ancien étudiant au sein de l’Université de Caroline du Sud est retombé à 7,60 m à sa deuxième tentative, son meilleur bond de l’hiver, qui offre la médaille de bronze au club de la cité des Ducs.

Les autres résultats des Nantais ? Rougui Sow, malgré une jolie marque dès son premier essai à 6,26 m, se classe quatrième du concours féminin de la longueur, à cinq centimètres de la breloque. Jérémie Lararaudeuse a malheureusement été disqualifié de la finale du 60 m haies après avoir pris la troisième place qualificative en séries, en, 7″85. Enfin, le champion de France cadets du 200 m Dejan Ottou a terminé quatrième de sa série en 22″07.

Tous les résultats, en cliquant ici.

Crédits photos : Jean-Luc Juvin