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Patrice Moysan : « L’entraîneur apporte un soutien moral aux athlètes »

Patrice Moysan : « L’entraîneur apporte un soutien moral aux athlètes »

Nouvelle rubrique sur www.nmathle.fr ! Chaque semaine, on part à la rencontre de ces hommes et femmes de l’ombre qui font grandir le club un peu plus chaque jour. Le premier à se prêter au jeu est Patrice Moysan, entraîneur de demi-fond et hors-stade au Nantes Métropole Athlétisme.

 

Patrice, peux-tu nous expliquer ton parcours, pourquoi es-tu devenu entraîneur ?

Les entraîneurs ne font pas légion dans un petit club. A l’ASB Rezé, dans les années 80, étant cadet, avec d’autres jeunes du club, nous encadrions les poussins et benjamins. Puis après nous entraînions les équipes demi-fond qui végétaient sans plans d’entrainement vraiment adéquats. Ensuite, je suis arrivé au Stade Nantais AC en 1987. Je me suis entraîné dans un premier temps et l’année d’après nous avons créé la section de St Sébastien. L’année suivante, je reprenais en tant qu’athlète-entraîneur les entraînements hors stade et demi-fond. Depuis cinq ans j’entraîne à Bouaye, et toujours à Saint-Sébastien, pratiquement tous les soirs. En faisant un arrêt sur image, je pense qu’il m’a manqué un entraîneur pour me suivre de longues années et me faire progresser.

 

— Quelle est ta définition d’un entraîneur ?

Cette définition pipée sur le net, correspond à l’idée que je me fais d’un entraîneur : Un entraîneur est une personne chargée de la préparation physique, technique et mentale d’un animal de course, d’un sportif, d’un groupe de sportifs ou d’une équipe. La plupart des entraîneurs sont eux-mêmes d’anciens sportifs. L’entraîneur gère les tactiques, les stratégies, l’entraînement physique et apporte un soutien moral aux athlètes.

 

— Quelles sont les qualités nécessaires pour être entraîneur ?

Pédagogue, compréhensif mais directif et bien sûr se polariser sur les compétitions importantes à venir.

 

.ʻʻ  La communication évolue ʼʼ

 

— Qu’est-ce qui t’énerve et te plaît le plus dans ta fonction ?

Les entraîneurs possessifs (du genre ce sont mes athlètes…), sinon de plus en plus, nous sommes confrontés aux personnes qui viennent sans s’investir dans les entraînements, c’est à dire en mode loisirs et donc incompatible avec la compétition et des programmes de préparation pour les objectifs.

 

— Les méthodes d’entraînement changent-elles avec le temps ? Faut-il s’adapter aux nouvelles générations ?

Nous sommes obligés de nous mettre à la page comme tous les formateurs mais je dirais que les méthodes sont souvent les mêmes en running, les gens qui s’entraînent peu ne peuvent prétendre aux meilleurs résultats. C’est la communication qui évolue et qui nous contraint à toujours dialoguer ou conseiller même les personnes qui ne s’entraînent qu’une fois semaine.

— Faut-il être un athlète expérimenté pour être un bon entraîneur ?

La preuve que non avec des entraîneurs que je côtoie sur nombre de terrains. Je pense que par rapport à un ou une athlète qui évolue à un certain niveau l’expérience emmagasinée en tant qu’athlète sert fatalement les jeunes en conseils sur toute une saison.

 

— Quelle est ta relation avec les athlètes ?

Il faudrait leur demander mais je crois qu’elle est conviviale. Il faut être sérieux sans paraître l’être.

 

.ʻʻ  De belles rencontres et des gens qui aiment l’effort ʼʼ

 

— Comment un entraîneur gère-t-il les différences de niveaux des athlètes au sein d’un même groupe ?

Je pense en se mettant à leur écoute et en donnant les allures qui leur vont et surtout pas celles des autres.

 

— As-tu un modèle d’entraîneur, dans l’athlétisme ou dans un autre sport ?

Les modèles entraîneurs je n’en ai malheureusement pas, n’en n’ayant rarement eu. Et le souci est bien entendu que l’entraîneur qui est seul tout au long de la saison avec les athlètes du groupe ou des différents groupes, pense qu’il détient une sorte de vérité par rapport aux autres.

 

— Quel est ton plus beau souvenir ?

Plusieurs souvenirs me reviennent et surtout des frissons, je prendrais donc le dernier avec l’arrivée de Julie Lerat au 3000 m steeple à Albi il y a bientôt deux ans avec sa remontée vers la deuxième place aux championnats nationaux.

 

— Un mot pour les jeunes qui souhaitent s’inscrire à l’athlétisme ?

C’est un moment de vie qui reste gravé, avec de belles rencontres et des gens qui aiment l’effort.

 

Propos recueillis par Lucie Boquien pour www.nmathle.fr